Partir un jour

Que ce soit au soleil des îles paradisiaques, dans des contrées inconnues ou au travers des océans, nous avons tous rêvé de partir un jour, sans retour, sans se retourner, ne pas regretter…et tout ceci en rythme évidemment.

Si « partir » est au centre des rêves de la classe travaillante, votre départ se situe, lui, au centre de nos rêves. Quelque part, nous devrions nous entendre. Pourtant, c’est souvent au moment du départ que le bât blesse.
Tout part probablement d’une incompréhension mutuelle. Ne vous méprenez donc pas : nous vous aimons, et sommes, d’une manière générale, heureux que vous soyez là. Donc, votre compagnie nous est le plus souvent agréable. Si, à un moment donné, vous vous sentez légèrement poussés vers la sortie, ce n’est point preuve de désamour : seulement que nous préférons à votre compagnie celles de nos oreillers.

Ainsi, rien d’incompréhensible, ou blâmable. Toutefois, de par l’essence de notre profession, l’accueil, la politesse, il est ardu, et potentiellement gênant, de vous mettre à la porte. Ici pourriez-vous me dire : si l’accueil et l’hospitalité sont nos devoirs, mal nous en fasse, nous devons nous plier à vos désirs d’hébergements prolongés. Certes. Mais pour cela, il y a les restaurants, et hôtels, 5 étoiles. Car plus que le sourire, la base de la restauration, c’est la thune. Et comme vous n’êtes pas un émir laissant 2000e de pourboire, qu’il n’y a plus que vous dans le restau, et que vous vous torchez la gueule à l’eau communale, vous comprendrez que le patron aimerait bien économiser les salaires du barman et des deux serveuses.

Ainsi, votre départ réussit l’exploit de faire converger les intérêts du taulier et ceux de ses employés. Pour ces derniers, ça veut dire que tout est permis.

Imaginez la scène. Vous êtes 4 sur la table centrale, à l’intérieur, un lundi soir. Il est 11h30. Le repas était bon, le staff et l’ambiance sont sympas ; bons vivants, vous vous éternisez a table, continuez les conversations, c’est pas tous les jours que vous vous retrouvez. En face, 3 personnes fatiguées et désœuvrées n’attendent qu’une chose : votre départ.
Deux choses en fait, la seconde étant le feu vert de leur responsable pour « bourriner ». Autrement dit, tout ranger sans plus tenir compte ni des règles élémentaires de la politesse ou de la restauration, ni de votre présence.

J’ai toujours pensé qu’il était plus courtois, et plus simple, d’annoncer au client la fermeture imminente. Cependant, nombreux sont les serveurs n’ayant pas cette audace ; encore plus nombreux les clients qui, même prévenus, s’endorment sur place. Ou n’en ont simplement rien à foutre, puisqu’ils sont rois.

Alors, point d’étonnement a ce qu’une fois l’aval du responsable donné, les tables s’empilent autour de vous, la note apparaisse subrepticement sur votre table, sur laquelle ne figure, oh magie, plus rien. J’ai vu des clients rester sur une terrasse dont ils occupaient la dernière table encore debout ; tout le restau rangé et presque dans la pénombre, ils continuaient d’empêcher, d’un égoïsme latin et sans bornes, 5 personnes de rentrer chez elles. J’ai vu un couple voir littéralement tout le mobilier du restau empilé et rangé autour deux, et ne pas bouger. Mais surtout, combien de tables ais je vu rester jusqu’à une heure du matin à la carafe d’eau, ne sentant pas les yeux braqués sur eux, n’ayant a aucun moment une pensée pour le reste du monde.

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