Manuel d’utilisation du serveur parisien, part 4: suite et fin

Enfin! Vous voilà au terminus de ce chemin de croix qu’est l’apprentissage des bonnes manières. Vous vous êtes installés, avez passé commande, avez dégusté – avec un peu de chance et de discernement dans vos choix – d’excellents mets. Vous avez terminé, et contemplez, repus, la plaine désolée et aride qu’est devenu votre table après le Waterloo que vos appétits féroces viennent de lui faire subir. Encore une fois, patience. Vous n’êtes pas seuls, et ayez confiance, nous allons vous débarrasser sous peu.

Sachez, vous qui attendez impatiemment le nettoyage de votre table, et l’addition, que ces deux tâches sont parmi les priorités du serveur. Et si le commun des mortels pense à tort que ce sont justement celles que les serveurs mettent le plus de temps à effectuer, ce n’est dû qu’à votre impatience. Vous êtes heureux et rassasiés, et sans crier gare, le stress quotidien (que nous avions réussi à occulter, ne remerciez pas) vous submerge à nouveau. Une minute, deux ou trois, vous semblent une éternité. Pourtant, nous sommes « au taquet » : notre but, libérer une table, voir, rentrer chez nous. Alors arrêtez de gesticuler : nous sommes les premiers à savoir que vous avez fini, voir que vous allez finir sous peu.

Maintenant, si vous êtes pressés, dîtes-le dès que votre larbin attitré vient vous débarrasser. Demandez l’addition, sous peine de vous voir proposer desserts et cafés, et ceci après un certain laps de temps, pour permettre à votre estomac de digérer ce que vous venez de lui infliger. Si à l’inverse, vous désirez aller jusqu’au digeo, souriez, soyez sympas, il vous sera peut-être offert.

À ce stade, deux soucis majeurs peuvent se présenter. Le premier survient avec l’addition. Recomptez, vérifiez, nous ne vous en tiendrons pas rigueur, surtout que les erreurs – de bonne foi – sont fréquentes. Mais pour l’amour de dieu, ou de vos aïeux, ne négociez pas. Pas de blagues douteuses non plus, ou d’indignations sur le prix : tout est marqué noir sur blanc sur le menu. Si vous n’avez pas un rond, soyez vigilants, ou tentez le restau-basket. Imaginez : nous ne sommes pas les propriétaires de l’établissement, ne sommes pas responsables de la qualité des mets, ne sommes nous mêmes pas riches . Se faire adresser des reproches quand aux prix élevés, malgré la fréquence d’une telle situation, mettrais n’importe qui mal à l’aise. Surtout quand nous n’en sommes pas responsables.

Le second point névralgique consiste à partir. Votre départ, sa manière et surtout son heure, est un sujet d’anxiété pour nous, et ce, dès que vous arrivez. En fait, il y a tellement à dire, que j’y reviendrais ailleurs. Pensez juste à être polis, souriants : merci, au revoir, ça ne coûte rien. Ne squattez pas des heures, faîtes un petit geste (ça aussi, on y reviendra), et ça y est, mission accomplie.

Maintenant que vous avez rempli votre part du contrat, vous êtes libres de déverser votre bile sur Trip advisor….ou de laisser un mot gentil et attentionné, encore une fois, croyez moi, ça ne vous coûte rien.

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